4 poisons qu’on prend tous, tout le temps, à tel point d’en être familier et de ne même pas s’en rendre compte. Pourtant, s‘en libérer, c’est non seulement possible mais ça s’apprend! A condition de le vouloir, comme toujours.

Parce qu’il vaut mieux se concentrer sur le bien et laisser mourir le mauvais tout seul plutôt que se focaliser sur le mauvais pour l’éliminer mais se focaliser dessus quand même, vous trouverez pour chaque poison leurs antidotes à développer.

Pour chaque poison vous trouverez aussi des livres, que je n’ai pas lus (sauf 2 ou 3), donc je ne sais pas s’ils sont biens, mais je les mets pour vous dire qu’ils existent si vous voulez aller plus loin.

La culpabilité

Oui, la culpabilité montre qu’on se rend compte qu’on a merdé et qu’on a de l’empathie, qu’on sait discerner le bien du mal et qu’un petit coup de culpabilité va nous garder dans le droit chemin donc quelque part c’est un signe de bonne santé mentale puisque dans le cas contraire vous êtes un sociopathe.

Mais y’a-t’il vraiment besoin de culpabilité pour ça?

On se sent trop facilement coupable de penser à soi, de céder à un plaisir, de ne pas passer assez de temps avec ses proches, d’être impuissant, de voir la personne qu’on a quittée être au fond du trou « à cause de nous » (non!)… Alors on peut se sentir coupable de voir l’autre au fond du trou parce qu’on l’a quitté.e n’importe comment, c’était sans doute possible de faire un moindre carnage. On peut aussi se sentir coupable d’avoir trompé son/sa partenaire, d’avoir eu une réaction inadaptée avec quelqu’un, d’avoir volé quelque chose, de manger un pauvre agneau malgré le plaisir…

Quand quelqu’un meurt, il arrive que les proches se sentent coupables de ne pas avoir su être là au bon moment, d’avoir raté quelque chose, de ne pas avoir écouté l’autre… Perdre quelqu’un est suffisamment difficile comme ça, vous n’allez pas en plus vous mettre une culpabilité sur le dos qui ne va que vous ronger pour quelque chose d’irrémédiable, s’il vous plaît ménagez-vous.

Personne n’est infaillible et tout le monde fait des erreurs même les mieux intentionnés. Et les moins bien intentionnés aussi mais hey, on ne va pas bien loin avec un faux départ, donc si c’est votre cas, révisez votre état d’esprit et vos trucs pas réglés, tout s’apprend et vous avez le choix de vous améliorer ou pas, et si vous n’avez pas envie, gardez votre problème et choisissez aussi ses conséquences.

Antidotes :

La connaissance de soi : vous connaissez vos intentions, vous reconnaissez la nature de la situation : maladresse? mauvais calcul? conflit intérieur? ignorance? vilain défaut? un besoin derrière? En regardant tout cela de plus près, vous apprenez à ne plus vous sentir coupable pour un oui ou un non, à faire preuve de recul pour mieux (ré)agir dans le futur.

La responsabilité : vous êtes responsables de vos actions et de vos paroles. Vous avez merdé? Vous êtes lâche? Tirez-en des leçons, apprenez à vous connaître, assumez-vous et vos désirs. Vous pouvez très bien reconnaitre vos erreurs, vos conflits, vos faiblesses, les assumer et travailler dessus sans laisser trainer la culpabilité qui vous les a fait remarquer, à quoi bon? Pas besoin de culpabilité quand on est responsable.

Le pardon : apprenez à être indulgent avec vous-même et à vous pardonner, je sais c’est facile à dire, mais à partir du moment où vous gardez cette idée en tête, que vous lisez sur le sujet, voire que vous vous faites aider, tout ça va faire son chemin.

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La comparaison

Qu’est-ce qu’elle a de plus que moi? Eux dans leur couple il sont heureux et pas nous. Il se débrouille bien mieux que moi. Comment elle fait pour manger tant de glaces et rester mince alors que je prends 3 kilos au moindre cookie? Mes parents avaient déjà 3 enfants à mon âge et je suis toujours célibataire.

Oui, toutes ces comparaisons vont dans le même sens. On peut se comparer à quelqu’un de « mieux » pour se tirer vers le haut, mais le fait est que 9 fois sur 10, se comparer renvoie à une mauvaise image de soi. Et c’est très facile à faire parce qu’on se compare à ce qu’on voit à un instant t en oubliant le travail qu’il y a derrière la réussite, l’état d’esprit, les habitudes, le temps passé, l’histoire, le contexte… la plupart du temps, en vrai, on compare l’incomparable, il n’y a pas deux humains pareils, on se compare à ce qu’on voit de manière complètement subjective et donc biaisée.

Quand j’ai réunit sur Twitter tous les dessinateurs que j’aimais bien pour suivre leurs actualités, j’ai juste réunit MON top, pas du tout représentatif du milieu de l’illustration. Et face à ce 10%, eh bien je suis une merde. Bon mais alors quoi, j’ai qu’à bosser pour devenir aussi forte qu’eux! Bah j’avais pas envie, en fait, donc j’ai arrêté de geindre sur mon soit-disant non talent et j’ai fait juste ce que j’aimais bien, des trucs simples pour moi qui me vont.

Dans mon programme de sport, Freeletics, on compare tous nos résultats, mais comme ça, et à aucun moment ce n’est négatif puisque chacun est là pour progresser et fait de son mieux (et surtout tout le monde galère à son niveau!), donc ça reste un super bon esprit.

Antidotes :

Recentrez-vous : comparez-vous uniquement à vous-même, faites de votre mieux pour être meilleur.e que la personne que vous étiez hier, vous faites ce que vous pouvez avec ce que vous voulez et ce que vous avez, là où vous êtes.

Bougez-vous : vous n’êtes pas content.e? Changez! C’est plus facile de constater qu’on est mauvais que de faire des efforts pour être bon, et c’est rester passif. On n’a rien sans rien. Sachez vraiment ce que vous voulez, motivez-vous, persévérez et hop.

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Et la comparaison mène aux deux poisons suivants…

L’auto-flagellation

La culpabilité est de l’auto-flagellation, quand vous vous sentez coupable de quelque chose vous vous blâmez de l’avoir faite.

Combien se blâment de ne pas être assez ceci ou assez cela, d’être trop loin d’être parfait? (j’en fais partie hein) Vous trouvez stupide de penser ceci, vous avez honte de cela, et autres bouge-toi gros tas et je suis vraiment un naze, bon, c’est pas avec ça qu’on fait la révolution. Et justement pour maîtriser assez bien l’auto-flagellation je me permets de dire qu’on ne s’en rend pas toujours compte, voire jamais (oui je parle pour moi mais on n’est jamais tout seul), ce sont les autres qui m’en ont fait prendre conscience. « Parle-toi gentiment », « Sois sympa avec toi-même ». Depuis j’apprends. Et vraiment, même si j’ai encore du chemin, celui que j’ai fait me change la vie.

L’auto-flagellation c’est se faire du mal tout seul, même juste un peu. Donc prenez l’auto-flagellation comme tout venant de vous qui ne vous fasse pas du bien directement et on trouve un paquet de trucs n’est-ce pas?

Demandez à votre entourage de vous aider à remarquer les fois où vous êtes dur.e avec vous.

Antidotes :

La douceur : vous traiteriez votre enfant chéri ou votre chat comme vous êtes en train de vous traiter vous? Apprenez la tolérance et la gentillesse, c’est chiant de se faire engueuler à longueur de journée, soyez votre ami, être cool ne vous rendra pas mou et fainéant, encouragez-vous vers vos progrès plutôt que de vous défoncer aux reproches.

Le compliment : quand vous vous critiquez (et que vous en prenez conscience, donc) rajoutez un « mais… » Je suis vraiment moche, mais je suis bienveillant. Je suis vraiment trop con, mais je cuisine bien. Je n’arrive à rien dans la vie, mais au moins je suis loyal.

bienveillance

Le jugement

Il y a plusieurs manières de juger.
Le jugement de fait reconnaît objectivement qu’il pleut ou qu’une vache est plus grande qu’un chat. C’est vrai ou faux, ça ne se discute pas.
Le jugement de goût, c’est tout simplement ce que vous aimez ou pas. Il n’y a rien à défendre ou à argumenter, vous aimez ou pas c’est comme ça point, ça ne se discute pas non plus. J’aime les poireaux. Pourquoi? On s’en fout.
Le jugement de valeur est purement subjectif (bon, comme pour les goûts par définition) mais désigne un peu comme une vérité si on a affaire à une bonne ou une mauvaise chose. Par contre là ça se discute. L’avortement est abominable ça tue des vies innocentes, il y en a pour qui c’est une vérité, ben moi j’ai pas mal de trucs à répondre. Croire que ce qui est évident pour nous l’est pour les autres donne aussi lieu à un jugement de valeur.

Elle est meilleure que moi, ou je suis meilleure que lui, peut-être que ça ne se discute pas, mais peut-être que si.

Robert a mis une cravate ridicule, j’ai une sale gueule aujourd’hui, expliquez-moi pourquoi cette personne garde un mono-sourcil, c’est un truc de bobo, elle ne se rend compte de rien c’est désespérant, je suis bon à rien et cet enfant est trop gâté.

On juge tout le monde y compris soi toute la journée, quel que soit le type de jugement. A-t-on vraiment besoin d’avoir un avis sur tout et de passer tout et n’importe quoi au tribunal? Pour quoi faire? Qui sommes nous pour ça? Non, rien, et personne.

Rappelez-vous du 2ème accord toltèque : « ne prenez pas les choses de manière personnelle ». C’est à dire que quand on vous juge, ça ne dit rien sur vous mais sur la personne qui vous juge. Logiquement c’est valable à l’envers : quand vous jugez, c’est sur vous que ça dit quelque chose, pas sur le type avec son mono-sourcil.

Remarquez comme les médias ou les humoristes ne jouent quasiment que là dessus : on est toujours en train de se moquer de quelqu’un et de le juger. C’est parfois plus confortable de tailler les autres que s’exposer à ses propres failles. Avec des amis on avait un groupe facebook de potins. C’était marrant jusqu’au jour où j’ai décidé que bah, non, ça ne l’était pas, et je suis partie. (le groupe n’existe plus et ceux qui veulent se rachètent un karma). En jugeant, on est forcément en train de froisser quelqu’un qui serait vexé, blessé ou fâché d’entendre ce qui se dit. Encore une fois, même soi.

Et oui, tout le monde le fait, tout le temps, donc tout le monde trouve ça normal. Décider d’arrêter de juger ce n’est ni plus ni moins adopter un autre accord toltèque : que ta parole soit impeccable. Ca ne va pas avec vos amis? N’alimentez plus ces discussions ou… changez d’amis?

J’ai commencé la pratique de la voie toltèque, dans laquelle il est question de noter tous ses jugements sur tout son entourage et.. soi-même, alors on y va on se défoule. Tous les jugements dans un carnet. Je l’ai appelé le carnet des horreurs. C’est un sacré recadrage de prendre conscience de la quantité de jugements qu’on émet lorsqu’ils sont tous réunis au même endroit et pas dispersés et oubliés dans son quotidien. En remarquant ça je me suis demandé depuis combien de temps j’étais aussi conne. Auto-flagellation. Il y a encore du travail!

Antidotes :

La bienveillance : concentrez-vous sur le bien et souhaitez-le à tout le monde y compris vous. Observez-vous, observez quand ce que vous dites ou pensez n’est pas empreint de bienveillance. Être sympa ne veut pas dire être con-con, encore une fois tout est une question d’intentions, nourrissez les bonnes.

La distance : prenez du recul, observez vos pensées avec le plus d’objectivité possible et mettez à la poubelle celles qui m’amènent à rien en vous auto-recadrant : qu’est-ce que ça peut vous faire, en quoi ça vous regarde, que Stéphanie soit en relation libre ou que Denis pèse 100 kilos? Et pour les jugements qui vous concernent directement, mettez-vous à la place de votre chien : est-ce qu’il vous trouve moche avec vos cernes? Pas sûr.

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