On va déjà parler de deux sortes de changement : ceux qu’on choisit, et ceux qu’on subit. Aujourd’hui on va s’intéresser aux premiers.

Quand on m’appelle pour prendre rendez-vous, on me demande souvent combien de séances vont être nécessaires. Je ne peux jamais répondre à cette question, je n’ai aucun moyen de le savoir. Il y a plusieurs raisons à cela, par exemple :

  • personne n’a la même manière de régler un même problème
  • personne n’a la même histoire, les mêmes croyances, les mêmes blessures, les mêmes valeurs (et peut-être si mais pas tout ensemble etc : chacun est unique)
  • il arrive qu’on vienne faire une (…!)* séance d’hypnose pour un objectif et qu’il en cache un autre plus important ou prioritaire, que cet objectif soit une conséquence d’un autre problème
  • ça dépend à quelle étape du changement on est… sujet du jour!

* on peut changer en une séance, c’est vrai et c’est forcément arrangeant en temps et en argent. Mais au risque de me répéter un hypnotiseur n’est pas un magicien, et si ça vous ennuie de prendre plusieurs séances, revoyez votre rapport au changement et à l’hypnotiseur lui-même 🙂 Le magicien c’est vous! Vous ne le saviez pas? C’est pour ça que ce blog existe, pour vous aider à prendre conscience de vos possibilités et que vous appreniez à vous en servir et à incarner qui vous êtes, au fond.

Les 6 stades du changement

Ces stades ont été établis à partir des études des auteurs du livre « Changing for Good » qui parlent essentiellement des problématiques d’addiction mais après tout, voyez comment ça vous parle à vous si vous n’êtes pas concerné.e !

Je vous mets des pistes pour passer d’une étape à l’autre mais n’hésitez pas à aller voir un thérapeute pour mettre toutes les chances de votre côté et tout prendre en compte, ça vous facilitera vraiment la vie.

Aussi, vous pouvez lire cet article par rapport à vos objectifs, mais aussi pour mieux comprendre dans quelle situation se trouvent vos proches.

1. Précontemplation ou inaction

A cette première étape, vous ne voyez pas où est le problème, vous êtes dans le déni. Vous trouvez votre entourage pénible à vous faire la morale et à toujours vous rabâcher qu’il faudrait peut-être se secouer un peu, vous ça va et vous n’envisagez pas de changer. Le problème c’est les autres.

Exemples : je fume dans un espace non-fumeur, faut bien mourir de quelque chose, tu exagères, c’est bon j’ai bu deux verres là ça va…

Comment se débloquer : si on peut comprendre qu’il est de la responsabilité d’un parent d’avertir son enfant sur les conséquences de la cigarette ou autre, combien de fois un ado a déjà écouté ses parents et arrêté de fumer sur leurs conseils? Combien de conflits perdurent à cause de ça?

Ce déblocage se fait tout seul ou ne se fait pas, en fait. On ne peut pas forcer quelqu’un à changer. Tant pis tant mieux selon le point de vue.

A ce stade, on voit rarement les gens en thérapie ou alors pour faire plaisir à leurs proches ; ça ne marchera pas. Moi je dis aux gens de revenir me voir quand ils seront motivés.

2. Contemplation ou prise de conscience

Ici vous avez conscience du problème mais vous ne faites rien, vous pesez les avantages et inconvénients, vous repoussez l’idée de prendre un rendez-vous.

Exemples : je sais que fumer est mauvais pour ma santé… et voilà. J’aimerais bien faire un autre métier mais bon… Mon mec est un peu con des fois mais au moins j’ai un mec, il est sympa aussi.

C’est l’étape du fainéant passif. Vous n’êtes pas prêt.e à passer à l’action, vous aimeriez bien que ça se fasse tout seul donc vous allez voir un hypnotiseur pour une séance. Ou alors vous essayez mais vous manquez de stratégie, vous voulez passer du tout au rien, et comme ça marche rarement, vous concluez que vous ne pouvez pas changer de toute façon.

Comment se débloquer : là vous avez besoin de motivation quoi. Je vous renvoie aux articles suivants qui peuvent vous aider à mettre les choses au clair :
déterminer votre objectif
la pyramide des solutions
LA question à se poser pour être heureux
Les exercices proposés dans ces articles vous permettront de mettre l’accent sur les bénéfices que vous allez tirer de votre changement, de trouver des leviers émotionnels, et construire ce que votre objectif va vraiment donner une fois atteint, mais j’insiste un peu ; vous vous garantissez plus et de meilleurs résultats avec un.e praticien.ne. (valable pour toutes les étapes ok?)

3. Préparation ou décision

vous êtes déterminé.e à faire bouger les choses et vous commencez à vous prendre en main. Pas trop, mais c’est un début.

Vous avez un bon aperçu de ce que ça peut donner, vous savez pourquoi c’est important de le faire, tout ça a assez duré et vous vous engagez en en parlant autour de vous. Du coup vous commencez à faire quelques plans, à voir ce que vous pouvez mettre en place.

Exemples : j’ai décidé d’arrêter de boire seul.e, je me suis acheté un tapis de yoga, je cherche quelque clope dans ma journée serait plus facile à supprimer.

Comment se débloquer : je reviens sur l’article pour déterminer son objectif cité juste avant, là vous aller établir une sorte de plan d’action histoire de vous donner une direction que vous suivrez étape par étape, sans en brûler. Pas besoin d’un truc psychorigide et vous y allez à votre rythme, mais ça vous épargnera les digressions et remises en question du processus dans le temps.

Ca va être le moment de faire table rase, pour dire au revoir à certaines choses et bonjour à d’autres, comme des idées et des comportements, histoire de partir sur une bonne nouvelle base.

Briefez votre entourage pour être encourageant et pas vous flinguer dès que vous faites un truc qui ne concorde pas avec votre décision. « T’as dit que t’arrêtais de boire et là tu viens de prendre un verre hey », oui, merci, mais vous avez juste décidé là, et changer ça peut demander du temps ; la pression sociale c’est quitte ou double, donc soyez clair là dessus avec vos proches et dites-leur l’attitude que vous attendez de leur part pour que ça vous soutienne au lieu de vous ramener chaque micro-échec à la gueule, valable pour l’étape d’après aussi.

4. L’action

Vous avez commencé à concrétiser votre plan, vous vous êtes lancé.e dans la première étape! La première étape ça veut dire que ce n’est pas parce que vous vous bougez que c’est gagné, vous allez devoir persévérer pour faire les suivantes. Vous avez donc un risque de « rechuter » mais entourez-vous bien pour être encouragé à rester sur cette pente ascendante.

Exemples : je vais au sport, j’ai commencé le programme nutritionnel de la diététicienne, je fais 5 minutes de méditation de le matin.

Là vous bossez, vous mettez les mains dans le cambouis donc c’est un peu challenge mais si jamais vous ne voyez pas de résultat immédiat, il y a de fortes chances pour que vous regagniez déjà en estime de vous, et ça va continuer. Musclez-vous 🙂

Pour se débloquer : il n’y a pas vraiment de blocage dans ce stade, il s’agît plus de persévérance justement.

Alliez corps et esprit en faisant de l’exercice, le sport n’est pas qu’un truc de sportif, et c’est moi qui vous le dis. Lisez et appliquez des livres de développement personnel pour alimenter un état d’esprit positif et dynamique, consacrez-vous à une activité qui vous plaît, rien qu’à vous.

Mettez-vous au Miracle Morning! C’est génial, je m’y suis remise et ça booste vraiment ; l’idée est de se lever plus tôt que d’habitude pour se consacrer à une routine de bien-être personnel. Vite fait parce que j’en reparlerai plus tard, moi je prends deux heures coolos pour méditer, faire du sport, manger etc. Franchement les jours où je ne le fais pas je le regrette.

Pensez à vous poser de temps en temps pour vous féliciter du chemin parcouru! Avec des amis une année on a fait un groupe Facebook (« le groupe des supers ») où tous les mois on faisait le bilan de ce qu’on avait fait de chouette dans le mois, et de ce qu’on voulait qu’il se passe le mois d’après. C’est vraiment stimulant et plaisant, et je regrette qu’on ait arrêté, je vais réfléchir à une manière de le refaire. Ca vous plairait? 🙂

5. La maintenance

Vous n’êtes pas encore à l’abri de revenir en arrière, de rechuter, mais votre persévérance porte ses fruits.

Exemples : vous n’avez pas fumé depuis 5 mois, vous avez repris de bonnes habitudes alimentaires… même si c’est parfois un peu fragile!

Le succès et le changement ne sont pas linéaires, donc pas la peine de se flageller quand ça bat un peu de l’aile, de toute façon l’auto-flagellation fait partie des 4 poisons à arrêter de s’enfiler.

Comment se débloquer : faire le point sur ce qu’il reste à faire, sur les effort accomplis, les émotions que tout ça a suscité, et ajuster son plan d’action en fonction de tout ça.

6. La finalisation

Bravo! Vous voilà tiré.e d’affaire!

Exemples ; vous avez beau être entouré.e de fumeurs ou de picoleurs en soirée, pas la moindre envie, vous n’y pensez même plus. 

Tout ce que vous avez mis en place est devenu automatique et ne vous demande plus d’effort et vous avez confiance en vous.

Célébrez, et passez au changement d’après 😉

***

Si vous faites appel à un praticien, n’hésitez pas à prendre une longueur d’avance en commençant votre apprentissage de l’auto-hypnose en téléchargeant mon guide et ses mp3 juste en bas de la page (et un peu partout ailleurs)

Dites-moi dans les commentaires ce que vous pensez d’un petit groupe pour faire son bilan tous les mois et se motiver, et j’espère que cet article vous aura permis de comprendre un peu mieux comment ça se passe pour mieux établir vos plans d’action!

A très vite, je publie moins régulièrement en ce moment parce que c’est un peu la course de mon côté mais je garde le cap 😉

Bisous!