Cet article est une contribution au laboratoire d’idées « Vers un monde meilleur ». Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est « Gérer ses émotions », proposé par Céline du blog Apprendre en s’amusant avec son article 5 pistes pour (ENFIN) éviter les crises

En dehors des conflits entre les deux, on observe souvent une méconnaissance de son propre fonctionnement. Et si on n’a pas toujours besoin de connaître ou de comprendre quelque chose pour intervenir dessus ou interagir avec, comme on n’a pas besoin de savoir comment marche un moteur pour conduire une voiture, c’est quand même intéressant d’avoir quelques bases ne serait-ce que pour ne pas lutter au mauvais niveau! (= « agir au bon niveau » pour la tournure positive ;))

J’avais déjà parlé des trois cerveaux dans mon article chez Penser & Agir (avec un exercice super pratique), mais on va revenir là-dessus plus en détail aujourd’hui, plus en détail pour faire plus simple aussi (j’espère).

Tout ça pour quoi, eh bien pour mieux vivre sa vie et ses émotions.

(Je continue sur mes notes du « Cerveau Magicien » de Roland Jouvent.)

Nos 3 cerveaux

Ces trois cerveaux sont apparus l’un après l’autre dans l’évolution, ils se sont en quelque sorte superposés.

On va commencer par le début.

1. Le cerveau reptilien

C’est le premier, le cerveau primitif, qui assure les fonctions de vie et de survie ; c’est-à-dire l’éveil, la faim, la soif, la sexualité. Tout ça est complètement automatique chez nous.

C’est ici que naît le plaisir, le sentiment de satisfaction des besoins remplis.

2. Le cerveau limbique

C’est le cerveau émotionnel qui regroupe les compétences affectives et sociales : c’est-à-dire la motivation et l’envie, le sens d’appartenir à un groupe, les systèmes de récompense, les soins parentaux, et donc les émotions et l’affectivité.

3. Le néocortex

C’est le plus récent, = nouveau cerveau. C’est le cerveau intellectuel qui nous gratifie du raisonnement, du langage, de la symbolique, la planification, l’imagination, l’abstraction, enfin ce qu’on appelle en gros l’intelligence.

« Gérer ses émotions »

On parle tout le temps de « gérer ses émotions », l’idée est simple, mais induit un peu en erreur sur les émotions.

Une émotion n’est pas une fin en soi, elle sert à s’adapter.

A la fois l’émotion informe sur l’état émotionnel donc, de la personne, mais aussi sur ce qu’elle est en train de faire pour rétablir un équilibre dans sa vie.

C’est pour ça que si le travail est bien fait quand vous vous retrouvez face à une situation similaire vous réagissez moins fortement : vous avez vécu un truc, vous en avez appris quelque chose et la fois d’après ça passe mieux. Vous êtes désormais plus adapté.e à certaines situations.

Le fait de pleurer soulage réellement, physiologiquement, des tensions qui sont trop fortes pour en rester aux pensées.

Quand vous êtes en colère, selon votre façon de la vivre, vous allez aussi trouver quelque chose pour rétablir un équilibre, dans l’immédiat certains vont nager pour évacuer ces tensions (différentes de celles de la tristesse donc), d’autres vont chercher l’équilibre par la vengeance (solution qui en général ne soulage en fait de rien, soit dit en passant, donc enfilez plutôt votre maillot de bain), et d’autres sont bloqués dans la rancoeur (rancune c’est le désir de vengeance, justement, pour la nuance).

C’est un vaste sujet mais la clé de la gestion des émotions réside notamment dans le fait de les accueillir et de les vivre pleinement.
Pour partir il faut entrer et passer à travers.

Conscient / Inconscient, Cavalier / Cheval

Si ce serait bien présomptueux de dire ce qu’est l’inconscient dans sa totalité, on va diviser le cerveau entre un cavalier et un cheval : le cavalier, c’est le néocortex, l’intellect, et le cheval, la combinaison du reptilien et du limbique, donc du primitif et de l’émotionnel.

Le cheval

Il est super rapide. Il a une super mémoire qui enregistre tous les évènements pour les comparer les uns aux autres et nourrir le système d’alerte. Eh ouais, si on oubliait que traverser la route sans regarder c’est dangereux, on n’aurait sans doute pas beaucoup d’occasion de se le rappeler hein. C’est aussi ce qui fait qu’on a du mal à refaire confiance à quelqu’un après une trahison : notre système a enregistré que ça craint et ne veut pas nous faire prendre de risque. Méfiance = sécurité.

C’est donc lui qui a faim, soif, qui a des désirs sexuels, qui est expressif, intuitif, colérique…
Le cheval c’est l’énergie.

Le cavalier

Contrairement au cheval qui ne grandit plus, lui ne cesse d’évoluer.

Il est plus lent. Sa réflexion lui demande du temps, il est plutôt du genre compliqué. Si vous deviez réfléchir à une stratégie avant d’éviter un bus, vous ne seriez plus là, c’est le cheval rapide qui se charge de ça.

Donc le cavalier il analyse, bavarde, digresse, crée, fait des liens logiques et des associations, des métaphores, des calculs et des planifications, des commentaires, des rêves…

C’est un ordinateur, le cavalier. En fonctionnant bien il est capable d’imaginer à peu près tout. Mais si l’imagination suscite de l’émotion, c’est parce que celles-ci viennent du cheval! Sans ça, on n’y trouve pas grand intérêt finalement.

Le cavalier, c’est la direction.

Quand le cheval désobéit au cavalier

Le cavalier a la fâcheuse tendance de penser que c’est lui qui commande. C’est lui qui a raison, il sait ce qu’il faut faire.

Le fait est que le cavalier et le cheval ne peuvent vivre l’un sans l’autre et que, comme j’aimerais que ce soit plus le cas en équitation, il ne s’agît pas de dominer le cheval pour lui faire faire ce qui nous arrange. A la base le cheval n’est tout simplement pas là pour obéir au cavalier, en fait.

Si vous êtes énervé.e contre vous parce que vous ne faites que trainer et faire des siestes pendant vos vacances alors que vous pourriez quand même en profiter pour aller au ciné et voir vos amis, je ne vous apprends pas grand chose mais vous êtes un cavalier qui n’écoute pas le besoin de repos du cheval. Et vous êtes énervé.e parce que vous pensez que la pensée, et donc le cavalier, c’est lui le tout-puissant qui décide. Je cite l’auteur (que je reformule depuis le début hein entendons-nous) :

« La puissance que le cavalier prête à sa pensée est à la hauteur de la tyrannie qu’il exerce à son propre égard »

Bim!

N’en déplaise à beaucoup, personne n’est increvable et les journées durent 24 heures.

Trouvez un moyen de l’accepter parce que lutter contre ça est tout simplement un suicide.

Aussi si vous vous traînez à procrastiner etc et c’est un peu un autre sujet, mais il arrive souvent que vous êtes en train de faire un truc pour lequel le cheval n’envoie pas d’émotion et donc pas d’énergie. C’est pour ça qu’il est si important de se connecter aux émotions dans ses projets.

Le vrai cheval comme votre cheval intérieur vous envoient des informations dans leur langage, que vous ne savez pas toujours décoder.

Calme, tolérance, attention, écoute et observation, ouverture, respect des besoins de chacun, sont des qualités indispensables à développer pour faire les choses harmonieusement. Osez me dire dire que vous fous foutez de l’harmonie 😉

Apprendre à collaborer avec son cheval, voilà qui vous rendra la vie plus facile et plus agréable. Vous n’êtes rien sans lui, prenez-en soin!

Quel est votre rapport cheval / cavalier?

Mimis les supers.

Source :
Le cerveau magicien, Roland Jouvent