Ou au moins de sourire en voyant quelqu’un sourire, c’est contagieux un sourire non?

Si c’est contagieux, c’est parce qu’il y a chez vous une sorte de miroir qui capte et reproduit ce que vous observez. C’est grâce à ce miroir que vous avez appris toutes sortes de choses depuis que vous êtes bébé, bon a priori je ne vous apprends pas grand chose avec ça. Ce miroir, ce sont les neurones miroirs, une super découverte des neurosciences. Aujourd’hui on va donc voir comment ça marche, à quoi ça sert, et les pistes hypnotiques pour les entrainer!

C’est quoi, les neurones miroirs?

Je sais pas vous, mais moi il n’y a pas si longtemps, « neurone » c’était un peu comme « anti-oxydant », tu vois bien l’idée mais de là à expliquer à un enfant de 5 ans ce que c’est ben.. t’as pas tant compris que ça en fait. On commence par le début :

* Neurone : cellule du système nerveux qui reçoit, analyse et transmet des informations. Donc le système nerveux c’est le centre de traitement et le neurone c’est un bonhomme dedans. Il y a différentes sous-parties du système nerveux et donc différents types de neurones (200 par là, après il y en a 100 milliards en tout).

* Anti-oxydant (rien à voir mais tant qu’on y est après tout un peu de culture générale, de rien) : molécules dans certains aliments qui vont capter d’autres molécules responsables du vieillissement

Donc il se passe un truc, n’importe quoi, le neurone réagit, il s’active, et il retransmet le message à d’autres neurones ou à d’autres tissus comme des muscles et des glandes qui eux permettent une réaction du corps.

Et donc parmi ces 200 types de neurones différents on trouve les neurones miroirs :

* Neurone miroir : dans la famille « neurones moteurs » (donc qui permettent de faire des mouvements), neurone qui s’active de la même façon qu’on fasse quelque chose ou qu’on regarde quelqu’un faire cette chose. Faire ou regarder = activation du neurone dans les deux cas.

Exemple :
J’ai soif je prends un verre d’eau. Un neurone miroir qui déclenche le geste s’active.
Mon frère a soif et prend un verre d’eau. Je ne fais pas le geste mais ce même neurone miroir s’active quand même chez moi là aussi.

Du coup d’une certaine façon on se retrouve impliqué dans ce qu’on voit, ce qui permet de le comprendre : j’ai déjà bu un verre d’eau quand j’avais soif, et mon neurone miroir qui s’active me fait comprendre que mon frère a soif.

Mais si mon frère fait un truc que je n’ai jamais fait, comme éplucher des patates avec une paille, son expérience ne fait pas partie de mon répertoire d’expériences et mes neurones miroir ne s’activent peut-être pas tous (ceux qui reconnaissent le geste d’éplucher une patate oui, ceux qui regardent la paille non) donc je ne comprends pas ce qu’il fait : enlever la peau, faire des trous..?

Comment les neurones miroirs permettent d’apprendre

Pour que vos neurones miroirs s’activent et apprennent aux autres fonctions (visuelles, sensorielles, verbales et motrices) de s’améliorer, vous devez donc avoir tenté un début d’expérience.

Mes neurones miroirs ne vont pas s’activer en regardant une vidéo d’un salto arrière (malheureusement, un but dans ma vie, je ne sais pas où ça mènera…) parce que je n’en ai jamais commencé l’apprentissage du tout. Donc à force de prendre des cours de trampoline, de faire des pirouettes maladroites par-ci par-là et donc de pratiquer, et à côté de regarder les autres en faire, je vais effectivement exercer mon corps (force / souplesse / vivacité / agilité etc) mais aussi mes neurones miroirs qui vont à leur tour permettre que mon corps progresse.

Donc quand on part de zéro, on a une intention de départ, qui va créer une action ou un geste même tout petit, qui va commencer à activer les neurones miroirs. Comme ils ont été activés, ils vont pouvoir trouver écho à l’extérieur et s’en nourrir pour se développer.

Prenons un pianiste qui joue un air de piano. Des neurones s’activent.
Un deuxième pianiste à côté écoute sans jouer. Les mêmes neurones s’activent.
Une troisième personne écoute aussi mais n’est pas pianiste : les neurones miroirs en question ne s’activent pas.

Les neurones miroirs ne vont donc pas être impliqués dans le développement des capacités intellectuelles. Par contre ils vont pouvoir entrer en compte pour le développement des compétences sociales comme le charisme ou certaines attitudes ; vous allez imiter quelqu’un qui vous plaît (un orateur par exemple), à qui vous avez envie de ressembler, à partir de ce que vous apprenez de cette personne vous allez développer vos trucs à vous pour construire votre personnalité et pas être une copie de votre modèle.

La naissance de l’empathie

* Empathie : capacité à identifier et à être à l’écoute des émotions de l’autre, à les ressentir et à se mettre à sa place.

Un bébé en contact avec ses parents cherche à les imiter. Donc par son intention de les imiter active ses propres neurones miroirs qui vont développer tout le reste du système neuronal. Il va apprendre la communication, les gestes, les sourires et ce qui y est associé, les émotions et leur réponse. Il va développer l’empathie.

Mais si pour une raison ou une autre (défaut d’attention de la part des parents, d’éducation, de regard) ce mécanisme d’imitation ne se met pas ou mal en place, le bébé ne va pas développer l’empathie. Avec un manque d’empathie il va développer des pathologies, des troubles psychotiques, et en grandissant l’enfant puis l’adulte n’aura pas de connexion sensorielle avec les autres, il ne pourra pas se mettre à sa place et pourra donc adopter un comportement pervers.

Après ces neurones miroir ont une certaine plasticité et selon le reste de la vie de la personne, tout n’est pas toujours « perdu », il peut y avoir un développement mais a priori, tout fantastiques qu’ils soient, ils ne vendent pas plus de rêve que ça sur le sujet non plus.

Le déficit d’activation des neurones miroir, de manière égale en action et en observation est notamment une caractéristique de l’autisme.

La plupart des gens vont développer l’empathie donc. Mais leur capacité d’empathie va varier selon là aussi de leur répertoire d’expérience émotionnelle : quelqu’un qui a peu souffert va difficilement se connecter à l’état émotionnel d’une personne en dépression. Il va voir et comprendre que cette personne souffre mais ne va pas facilement se rendre compte de ce qu’elle vit. D’ailleurs dans ce cas on peut se retrouver rapidement démuni ou à proposer à quelqu’un des solutions complètement inadaptées et on ne se comprend pas.

Quand on fait preuve d’empathie on se retrouve affecté par la joie ou la peine de la personne qui la vit en face. Un manque d’empathie est profondément problématique comme on vient de le voir, mais un excès d’empathie aussi : on fait l’éponge, et exposé.e à la souffrance en permanence ça ne pardonne pas.

Pour se protéger il peut se passer deux choses : soit une sorte d’anti-neurone miroir intervient pour nous dissocier de l’autre auquel on s’identifie et dont on a fait une partie de soi, soit on va chercher à développer la * compassion : on reconnaît l’état émotionnel, mais on est porté par le désir d’aider et de trouver des solutions.

En gros l’empathie ça va être votre capacité brute à reconnaître les émotions des gens, et la compassion ce qui va vous permettre d’en faire quelque chose de positif pour tout le monde.

Après on trouve aussi la * sympathie : une prise en considération de l’état émotionnel de la personne en gardant ses distances. On peut toujours se mettre à sa place mais d’une manière plus détachée.

Pour résumer : 

  • sympathie : je sais ce que tu ressens
  • empathie : je ressens ce que tu ressens
  • compassion : est-ce que je peux aider?

L’hypnose pour apprendre

Si aujourd’hui je n’ai pas de connaissance sur la stimulation des neurones miroirs pour développer l’empathie (je me renseigne et cet article est susceptible d’être complété), vous pouvez par contre apprendre plus vite certains mouvements et gestes par l’hypnose.

La visualisation est très utilisée chez les sportifs par exemple et certaines stratégies permettent de renforcer et de développer ses capacités au niveau des neurones pour que ceux-ci envoient de meilleurs messages au corps, vous vous faites donc une véritable salle d’entrainement intérieure avec coach! C’est une des spécialités de mes collègues de Mental Sport.

Et justement pour l’exemple du charisme là aussi on va mettre en place des stratégies de modélisation.

Il y a plein de choses très intéressantes à faire en hypnose en rapport avec l’apprentissage, mais j’y reviendrai plus tard.

Pour terminer, vous êtes programmé.e pour imiter. A partir de là, deux choses :

  • profitez-en, soyez curieux.se et continuez d’apprendre, sachant que selon le domaine il y a presque toujours des stratégies facilitantes
  • soyez un exemple : que vous soyez prof ou parent ou autre, les autres vont recevoir et se connecter à ce que vous allez leur transmettre, ils vont vous imiter, donc même si la perfection n’existe pas autant s’appliquer, vos élèves ou enfants risquent de vous renvoyer vos défauts à la figure faute de conscience personnelle de votre part donc faites bien attention à ça 😉

Voilà! J’espère que cet article vous aura permis de comprendre un peu mieux ce qui se passe dans votre tête, il y a évidemment plein de choses à dire sur le sujet, en tout cas si vous avez des questions ou des précisions à apporter, discutons-en 🙂

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Bisouuuus.

Sources :
Les neurones miroirs, Le parcours du loup blanc
Vos neurones sont des miroirs, Entretien avec Jean Michel Ourhouglian
L’empathie et la pratique de la compassion, Mathieu Ricard
Neurones miroirs, empathie et psychopathie, Futur Quantique